Ecris tu des textes sur israel, le judaisme ou l'antisémitisme?

Golan Cohen
Golan Cohen

Je trouve que ca serait une bonne idée si tout ceux qui ecrivent des textes sur israel ou le judaisme les publient ici, et ne les laisse pas que sur leurs fiches...
Afin de nous faire partager les sentiments de chacun face a l'acutalité israelienne ou judaique !(ou encore des textes ecrient a la memoire d'Ilan Halimi)

Donc j'attend vos ecris! ;-)

Ancien utilisateur
Ancien utilisateur

On doit sûrement être beaucoup sur le forum à écrire des textes. Mais sur un forum il faut faire court... J'ai publié un petit livre l'an dernier sur l'antisémitisme et les questions identitaires expliquées à mes fils, c'est court pour un livre mais ça fait quand même une centaine de pages. Mossad55, je peux te l'envoyer en email si tu veux. Sinon, voici déjà la version française d'un article sur la présence juive en Afrique, à paraître l'an prochain dans une encyclopédie américaine:

The Encyclopedia of Africa and the Americas
Entry : Judaism

La recherche de traces juives en Afrique a longtemps eu le goût des fantasmes coloniaux. Jusqu’au milieu du XXe s., les ethnographes européens tendaient à « judaïser » toutes les civilisations africaines qui n’entraient pas dans leurs représentations conventionnelles du Noir. Ils s’appuyaient sur des éléments aussi discutables que les mesures biométriques (le fameux « nez sémite » des Peuls), vaguement étayées par des spéculations linguistiques : Ntoro, l’esprit chez les Ashantis, proviendrait par exemple de la Torah ; Yam, leur être suprême, dériverait de Yahwe le dieu d’Israel. Les Masais, Tutsis, Igbos, Soninkés et Wolofs, parmi d’autres, furent ainsi crédités de mystérieuses origines juives.

Les recherches actuelles paraissent mieux documentées, mais la descendance du roi Salomon, qui fit bâtir au 10e siècle BCE le premier temple de Jérusalem sur le modèle d’un temple égyptien, reste une énigme. Le Kebra Nagast (la saga nationale éthiopienne) affirme que Salomon et la reine de Saba, Makeda, eurent un fils devenu roi d’Ethiopie. Les Beta Israel, nom que se donnent eux-mêmes les Juifs éthiopiens et qu’ils préfèrent à celui, péjoratif, de Falashas (« exilés », « sans terre », en Ge’ez) se disent descendants de ce fils, Menelik. Certains commentateurs les tiennent plutôt pour la tribu de Dan, l’une des dix tribus dispersées par la conquête assyrienne en 721 BCE. D’autres estiment qu’ils se sont judaisés plus tardivement, au contact de marchands juifs venus du Yémen. L’unique certitude est que leur judaisme est antérieur aux commentaires talmudiques qui inspirent la plupart des rituels juifs contemporains. Leurs pratiques religieuses, directement prescrites par la Torah, ignorent en effet les fêtes et les rituels issus des traditions rabbiniques. Leurs chefs religieux ne sont pas des rabbins mais des Cahenat (sing.: Cahen), une caste de prêtres comme aux temps bibliques.

Les Balemba, dans le sud du Zimbabwe et dans la Province sud-africaine du Limpopo, affirment également descendre de Salomon. Leurs interdits alimentaires, leur repos hebdomadaire, leurs instruments de musique, leur fête des moissons (Uturunga), leurs cérémonies de mariage et leurs rites funéraires contiennent manifestement des éléments d’inspiration hébraïque. Leur symbole est un éléphant au centre d’une étoile de David. Une étude menée à la fin des années 1990 a identifié chez les Balemba une série de marqueurs génétiques considérée comme caractéristique des prêtres juifs – tenus pour les descendants d’Aaron, frère de Moïse. Cette signature génétique, le « haplotype modal de Cohen », est particulièrement fréquente parmi les hommes du clan Buba, le clan principal des Balemba. A la différence des Beta Israel d’Ethiopie, les Balemba s’étaient au fil des siècles convertis au christianisme, mais cette étude génétique a eu pour effet de lancer une vague de reconversion au judaisme.

Les conversions au judaisme, religion peu prosélyte, sont rares mais celle des Balemba n’est pas isolée. Dans les années 1920, des paysans de l’Est de l’Ouganda, les Abayudaya, ont fondé la « Communauté des Juifs qui Croient en Dieu » et sont restés juifs sous le régime répressif d’Idi Amin Dada. Environ 3000 avant la destruction de leurs synagogues et les persécutions des années 1970, ils ne sont plus qu’environ 500 aujourd’hui mais ont reconstruit leurs synagogues et chantent des chants juifs en luganda et en hébreu. D’autres conversions collectives ont eu lieu au début du XXe siècle à Rusape, dans l’Est du Zimbabwe actuel, ou plus récemment dans l’Ouest du Ghana, où la House of Israel Community fut fondée en 1976. Plusieurs synagogues ont également été construites depuis les années 1980 au Cameroun, au Nigéria et à Madagascar. Leurs fondateurs affirment avoir eu une « vision » leur révélant qu’ils appartenaient aux Tribus perdues d’Israel. Leurs rites et pratiques, parce qu’il s’agit de conversions relativement récentes, sont les plus comparables aux formes occidentales du judaisme moderne.

Les migrations juives vers l’Afrique du Nord ont probablement commencé, elles aussi, aux temps bibliques. Elles ont augmenté avec la destruction du premier temple par les armées babyloniennes (586 BCE) et plus encore avec celle du second temple par les Romains (70 CE). Les Juifs nord-africains sont généralement restés, au fil des siècles, en contact avec le judaisme extérieur, tout en incorporant des coutumes berbères, puis arabes et andalouses. Le judaisme marocain, influencé par le Talmud dès l’époque de sa rédaction, aux II-Ve siècles, est devenu un centre important d’érudition kabbalistique.

Deux événements importants se produisent au VIIe siècle. D’abord la conquête arabe, marquée par la résistance et la défaite (642) de la Kahéna, reine juive des Aurès règnant sur une tribu de Berbères judaisés, les Djeraoua. Puis la première expulsion d’Espagne, décidée en 694 par le Concile de Tolède. Grossies par l’arrivée de Juifs espagnols, les communautés juives nord-africaines seront désormais soumises au statut de la dhimma : tolérées en terre d’islam, mais discriminées, et occasionnellement persécutées.

La deuxième expulsion d’Espagne, en 1492, accélère les migrations vers l’Afrique du Nord. Certaines familles descendent plus au Sud, en s’appuyant sur les artisans et marchands juifs qui jalonnent les routes du commerce trans-saharien. L’exemple le plus connu est celui de la famille Ka’ti, qui fonde plusieurs villages autour de Tombouctou. Sous la menace de l’Askia Muhammad, qui interdit le judaisme dans l’empire du Songhai, les Juifs de Tombouctou pratiquent leur religion en cachette pendant quelques générations puis s’islamisent.

Le Portugal attend 1497 pour expulser ses Juifs. Il leur applique entre-temps un impôt discriminatoire, visant à financer son aventure coloniale. Les Juifs soumis à cet impôt n’étant pas tous en mesure de le payer, le Portugal organise en 1493 la déportation forcée d’environ 2000 enfants, âgés de 2 à 10 ans, à São Tomé. Il s’agissait à la fois de « punir » les Juifs, et de « blanchir » le peuplement des colonies. Quelques années après leur déportation, moins d’un tiers des enfants avaient survécu et ils continuaient à pratiquer leur religion, à la grande colère de l’évêque portugais. Il ne reste aujourd’hui plus de Juifs pratiquants à São Tomé mais la mémoire de cet épisode dramatique est restée vive. D’autres Juifs portugais se sont enfuis au Cap-Vert et se sont eux aussi convertis au catholicisme au fil des siècles. Leurs descendants redécouvrent aujourd’hui cette part de leurs origines à travers la restauration d’anciens cimetières juifs, comme il en subsiste également à Tombouctou.

Le judaisme nord-africain, comme le judaisme éthiopien, se sont éteints dans la seconde moitié du XXe siècle, avec l’émigration massive vers Israel, l’Europe et l’Amérique du Nord. Il ne reste aujourd’hui que quelques milliers de Juifs au Maroc, et quelques milliers aussi en Ethiopie, à Addis Abeba et dans la région du Gondar, à la frontière soudanaise. Plusieurs vagues d’émeutes anti-juives, à partir de la fin des années 1940, ont totalement vidé les communautés installées depuis des millénaires en Libye et en Egypte.

Les relations judéo-arabes et, par contrecoup, le judaisme en Afrique auraient aujourd’hui un tout autre visage si le mouvement sioniste, en Europe, avait accepté la proposition du Secrétaire d’état britannique aux colonies, Joseph Chamberlain, de créer un foyer national juif sur le plateau inhabité de Uasin Gishu, à la frontière de l’Ouganda et du Kenya actuels. Théodore Herzl, le fondateur du sionisme moderne, y était personnellement favorable mais les délégués russes au Congrès sioniste de Bâle, en 1903, s’y sont farouchement opposés.

La communauté juive la plus importante se trouve maintenant en Afrique du Sud, dans la minorité blanche. Elle s’est constituée après les années 1880 à partir d’immigrants européens, principalement de Lituanie. Les Juifs blancs sud-africains ont donné quelques figures individuelles à la lutte de libération de leur pays, comme Joe Slovo ou Ronnie Kasrils, mais se sont plutôt accommodé, collectivement, de l’apartheid. Cette attitude, couplée à la coopération multiforme entre Israel et le régime d’apartheid, a contribué à l’essor de représentations négatives des Juifs et du judaisme en Afrique et parmi la diaspora africaine. L’ironie est que jusqu’au milieu des années 1960, Israel votait souvent, à l’ONU, contre l’Afrique du Sud. Il ne s’est rapproché d’elle qu’après la Guerre des Six Jours de 1967, quand une majorité d’Etats africains, solidaires de la cause arabe, a rompu les relations diplomatiques avec Tel Aviv.

Les chocs politiques du dernier demi-siècle au Moyent-Orient, en Afrique du Sud et aux Etats-Unis ont imprimé leur marque sur les relations contemporaines entre Juifs et Noirs. La communauté de souffrance qui liait jusque là les deux peuples s’est relâchée. La judéophilie des premiers panafricanistes africains-américains, Edward W. Blyden, W.E.B. Du Bois ou Marcus Garvey, qui voyaient dans le sionisme un modèle pour le retour à l’Afrique, reste un souvenir.


Recommended Readings

Chouraqui, A. Between East and West, a Story of the Jews in North-Africa. Lanham: University Press of America, 1984.
Parfitt, T., and E. Trevisan Semi (editors). The Beta Israel in Ethiopia and Israel: Studies on Ethiopian Jews. Surrey: Curzon Press, 1999.
Primack, K. (editor). Jews in Places You Never Thought Of. Jersey City: Ktav Publishing House, 2003.
Sand, J., “The Jews of Africa,” http://www.mindspring.com/~jaypsand/index.htm (June 16, 2005).

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IL Y A MIEUX IL Y A UN MORCEAU A LA MEMORE D ILAN

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l histoire de notre syna Emanu-El-Beth Sholom , premiere synagoque reformiste au Canada ( depuis 1882).


http://www.templemontreal.ca/TempHist.pdf




une traduction francophone sera bientôt faite du texte anglophone.

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