Sharon – Abbas : Deux hommes déterminés à faire avancer l'Histoire

Ancien utilisateur
Ancien utilisateur

Source: Proche-orient.info

"Trente six ans après avoir participé à la conquête de la Cisjordanie, pendant la Guerre des Six Jours, Ariel Sharon, a très solennellement déclaré à Aqaba, qu'" il n'est pas dans l'intérêt des Israéliens de gouverner les Palestiniens mais qu'il est dans celui des Palestiniens de se gouverner eux-mêmes dans leur propre État ". À l'aube du 5 juin 1967, Israël lançait l'offensive militaire la plus rapide de son histoire, occupant le Sinaï égyptien au sud, le Golan syrien au nord et la Cisjordanie sous administration jordanienne au cœur même d'Israël. Ce 4 juin 2003, au sommet d'Aqaba en Jordanie, le Premier ministre Israélien a amorcé un renversement du cours de l'Histoire.


Sharon s'est prononcé pour la création d'un " État palestinien, vivant côte à côte dans le paix et dans la sécurité avec Israël ». Mieux, il a précisé comprendre " l'importance de la continuité territoriale en Cisjordanie pour un État Palestinien viable ".
La phrase mérite de s'y attarder. D'abord, elle implique clairement que des colonies devront être évacuées car, sans cela, il n'y aura pas de " continuité territoriale ". Ensuite, le Premier ministre a - pour la première fois selon nous - utilisé le terme " West Bank " (Cisjordanie en Français), plutôt que celui de Judée-Samarie. Il ne s'agit pas d'une faute de traduction ; Sharon ayant lu son discours en anglais. C'est peut-être le point majeur de cette déclaration.

Au sein de la communauté internationale, l'expression " West Bank " est banale. Pour Sharon, elle ne l'est pas. " West Bank " et " Judée-Samarie " sont deux expressions connotées politiquement, même si l'une comme l'autre correspondent aussi à une réalité géographique. Mais pour Sharon et le peuple juif en général, la " Judée-Samarie " recèle une forte valeur historique et religieuse, puisque c'est ainsi que la Bible qualifie ces deux régions habitées par les tribus d'Israël. C'est le berceau du peuple juif. En se référant à la " West Bank ", Sharon a choisi un mot neutre, moins susceptible de déclencher les passions au sein de son peuple. Il sera plus facile aux Israéliens de s'habituer à l'idée de céder tout ou partie de la " West Bank " que de la " Judée-Samarie ". Cette évolution sémantique va dans le même sens que l'utilisation du mot " occupation " par Sharon il y a une dizaine de jours ; elle montre que le Premier ministre est déterminé à négocier avec les Palestiniens.
C'est sans doute cette volonté et l'intensité générale du discours du Premier ministre qui, à Aqaba, a laissé toute la délégation israélienne sur le flanc. Dans les minutes suivant la déclaration de Sharon, tous les membres de la délégation israélienne – ils étaient une quarantaine - , qu'ils l'aient espéré ou qu'ils l'aient craint, étaient sonnés par ce qu'ils venaient d'entendre. " Sharon est allé très loin ", nous confiait Avi Pazner, un des conseillers du Premier ministre chargé de la communication avec la presse, incapable d'en dire plus. Le choc était d'autant plus flagrant que les confidences faites le matin même aux journalistes étaient presque aux antipodes de ce qu'a dit Sharon. " Le Premier ministre devrait parler d'un État palestinien intérimaire et démilitarisé ", expliquait l'entourage du Premier ministre. " Cela prouve que ceux qui se disent dans le secret de Sharon sont des illusionnistes et que ceux qui pensaient que Sharon était venu pour faire un exercice médiatique se sont trompés ", nous confiera un Israélien.

Les Palestiniens n'ont pas été moins surpris. Nabil Shaath, ministre des Affaires étrangères, l'a reconnu lui-même lors d'une conférence de presse qui s'est tenue une heure après. À une journaliste qui lui demandait s'il ne regrettait pas que Sharon n'ait pas évoqué tel ou tel sujet, le ministre a répondu très spontanément : " J'ai déjà été surpris d'entendre ce que j'ai entendu ". L'homme, généralement posé, avait perdu son habituelle réserve. Au sein de la délégation palestinienne, l'enthousiasme était plus mesuré. " Je suis encouragé par les déclarations de Sharon, mais je suis également un peu inquiet car il n'a pas précisé que cet État Palestinien devait être " souverain et indépendant ". Et puis, il a utilisé une notion nouvelle celle de postes avancés " non autorisés " et non " illégaux " tel que mentionnés dans la " Feuille de Route ", comme s'il commençait à proposer sa propre interprétation de ce document ", explique Mikaël Tarazi, conseiller juridique de l'OLP, seul avec une collègue pour assurer les relations publiques avec la presse.

Il semble que la délégation palestinienne ait été volontairement réduite au minimum par le Premier ministre palestinien. Mahmoud Abbas qui, par nature, a toujours préféré rester éloigné des médias, aurait en outre choisi de faire profil bas afin de ne pas faire trop d'ombre à Yasser Arafat, le grand absent de ce sommet de reprise des négociations avec les Israéliens.

Quoiqu'il en soit, le discours de Mahmoud Abbas est tout aussi historique que celui d'Ariel Sharon. D'abord, il a rappelé, dans le contexte solennel d'Aqaba, ce qu'il avait déjà dit à plusieurs reprises, à savoir son engagement à mettre fin à " la militarisation de l'Intifada ". Mais, comme Sharon, il a choisi d'approfondir son engagement en utilisant le mot " terrorisme ". " Nous renouvelons notre dénonciation et notre renonciation au terrorisme et à la violence contre des Israéliens où qu'ils soient ", a-t-il déclaré. En outre, il a souligné " ne pas pouvoir ignorer la souffrance des Juifs au cours de leur histoire. " Un propos qui a aussitôt déclenché de vives critiques parmi les Palestiniens, stupéfaits que leur Premier ministre se penche sur la douleur de ceux qui les font souffrir quotidiennement.

Il y a dans ces deux hommes, Sharon et Abbas, des points communs qui pourraient laisser espérer que ce sommet soit le début de " la route de la paix ", selon les termes de Nabil Shaath. L'un comme l'autre sont d'un tempérament discret, pour ne pas dire secret, ce qui constitue sans doute un atout pour le succès de cette nouvelle tentative de résolution du conflit israélo-palestinien. Et surtout, ces deux responsables politiques semblent déterminés à aboutir, à avancer ensemble, à adopter une politique commune basée sur des actions menées en parallèle vers un seul objectif, la paix. Même si la " Feuille de Route " est un plan de paix en trois phases, qui nécessite le respect mutuel d'obligations étape par étape, l'essentiel semble désormais être le but et non les moyens.
Plusieurs éléments témoignent de ce nouvel état d'esprit. D'abord, la tactique palestinienne. " Nous ne donnerons pas d'ultimatum aux Israéliens pour faire ceci ou cela, afin qu'ils ne nous en donnent pas non plus. Notre objectif est de les obliger à agir en prenant nous-mêmes des initiatives ", indique une source palestinienne. Ensuite, Sharon a précisé dans son discours que " les actions unilatérales d'une des deux parties ne préjugeaient pas du résultat de nos négociations ". Cela peut permettre à Sharon de construire le mur de séparation sur la Ligne Verte, mais cela peut aussi lui permettre de continuer les pourparlers s'il devait y avoir des attentats. À cet égard, les Israéliens savent qu'il ne peut pas y avoir d'arrêt total des attentats de manière immédiate. Ils attendent 100 % d'efforts et espèrent 100 % de résultats. "

Ancien utilisateur
Ancien utilisateur

merci de ces explications, il y a effectivement un immense espoir qui vient de naitre, et contre toute attente, Sharon vient de démontrer qu'il savait ne pas manquer un rendez-vous avec l'histoire. Il faut souligner également le role primordial de Georges W Bush qui a retenu la leçon de ses prédecesseurs et souhaite aller très vite afin que ce processus ne s'enlise pas une fois de plus.
Je ne connais pas le premier ministre palestinien, mais j'espère qu'il aura les moyens d'aller jusqu'au bout et que la paix que nous attendons depuis 55 ans sera enfin signée.
merci encore à Freshmimi

Ancien utilisateur
Ancien utilisateur

Je suis un des fervents admirateurs des posts de FRESHIMINI pour leurs contenues mais aussi pour sa capacité à faire des synthèses clair.

J'aimerai tout de même rappeller le problème humain derriere les analyses.

Si pour des raisons a la fois religieuse, idéologique et d'expérience personnelle, je serai toujours un citoyen respectueux des lois et de leurs représentants ainsi que de leurs décisions. Je voudrais que l'on comprenne qu'à mes yeux, se séparer de la Judée et Samarie représente une perte que je suis dans l'incapcité de décrire, sinon en racomptant mon histoire.

En montant en Israël à l'âge de 17 ans, je découvrais pour la 1ere fois ce pays qui me faisais tant réver. Mes premières sensations reèlement fortes, je les ai eu en faisant la route Jérusalem - Hévron (la route des patriarches) ce n'étais pas une extase religieuse, je ne l'était absoluement pas, ce n'étais pas l'exitation du danger à l'époque les populations Arabes n'étaient pas hostiles mais une impression d'appartenance à des paysages qui m'était plus familier que les quartiers de Paris que j'avais cotoyer pendant 17 ans.

Sans être religieux, j'avais, plus jeunes fréqueté les écoles Juives et hérité d'une certaine culture biblique or pour la 1ere fois je les voyais devant moi ces paysages, ces villes et même ces personnages qui me faisait tant réver. Alors c'est dans ce minuscule désert semi aride que je décidais de m'installer, ce n'était ni par provocation ni par haine mais au contraire emplie d'un profond amour pour une région ou je n'avais jamais mi les pieds auparavant.

Est ce du fanatisme, je ne croie pas, je n'ai jamais ressenti de haine ni (j'espere) jamais fait de mal à quiconque. Même dans ces situations extraordinaires que l'on peut connaitre pendant sons service militaire ou comme reserviste, j'ai toujours tenter de garder les valeurs morales auquels nous tenons tous.

Pour conclure, je voudrais demander : d'après vous que devons nous faire nous les colons, la plupart me ressemble, certains, je le reconnais ont depuis bien longtemps perdu toute confiance en une justice qui les prendrait en compte. La raison d'état nous a depuis bien longtemps oubliés.

Quel serait mes chance de vivre en tant que Juif dans la future Palestine avec les même droits qu'un citoyen Arabe israélien a en israël ?

Aurai je encore le droit de venir prier à Hévron au caveaus des patriarches de l'humanité ?

Je voudrais rappeller que ces endroits qui nous sont si chères nous sont déja de facto "interdit": Pour acceder à la tombe de Rachel (Beth-Lehem 1 à 2 km de Jérusalem) il faut réserver des bus blindés, le cite à dans sa totalité était mis dans un bunker et la plupart ont depuis longtemps rennoncé à s'y receullir, Hévron (tombe d'Adam et ève, Avraham et Sarah, Ytshak et Rivka et Yaakov et Léah) se passe de commentaire ainsi que Chh'em (Tombe de Joseph souvenez vous l'année derniere).




Ancien utilisateur
Ancien utilisateur

tu vas me dire que c'est facile pour moi de parler car je ne suis pas à ta place.
toutefois je pense que la paix mérité quelques sacrifices meme s'ils sont douloureux, tu cites toi meme abraham et sarah, ils étaient prets à sacrificier isaac alors penses à l'avenir, penses à tes arrières petits enfants.
S'ils vivent heureux alors ils te remercieront de ton sacrifice.
Les tombeaux des patriarches ont été préservés pendant des centaines d'années alors qu'Israel n'existait pas, puisque tu sembles croyant ils ont pu traverser des millénaires, ils continueront car leur protection va au delà d'une protection humaine.
Par ailleurs, je fais confiance au gouvernement israéliens, ils trouveront pour vous une solution juste et ne vous jetterons pas en pature.
Ne t'inquiète pas, la paix est comme une très jolie fille, il faut savoir la conquérir à petits pas.

Ancien utilisateur
Ancien utilisateur

jolie métaphore joelle19d .... moi je pense que la paix avec les palestiniens est comme une fille ki se la joue inaccessible....
NON je rigole , je suis ok avec toi joelle , il fo faire des concessions , et dieu ne serait il pas heureux de nous voire partager nos terres pour vivre en paix ?

Ancien utilisateur
Ancien utilisateur

Ma reponse serat aussi claire que celle de Sharon.

Israel est aujourd'hui dans une sitation catastrophique, sons économie est au plus mal, de plus en plus d'israeliens quittent le pays pour proteger leurs enfants, israel est le pays le plus detesté de part le monde et sa balance commerciale est tres largement dans le rouge (surement lié à son image déplorable)...

Aussi faut il, comme le dit Sharon, faire des concessions douloureuses. Je fais parti de ceux qui te répondront qu'il vaut mieux un Etat d'Israel privé de la Judée, que plus d'Etat du tout. Ne nous voila pas la face, si nous ne trouvons pas d'accord tres rapidement, Israel cours à sa perte...

Abas est selon moi un homme avec qui l'ont peut négocier, je le comparerais volontier à Sharon. Un homme dur, un faucon, un homme qui deteste les juifs autant que Sharon deteste les palestiniens (chose que je comprend), mais Abas est comme Sharon: Il aime son peuple, il est rationnel, et sait qu'il va falloir négocier.

En comparaison Arafat apparait plus comme un être egocentrique, lache, megalomane et qui a depuis longtemps pété les plombs. Il n'a plus le sens des réalités, et me fait penser a ses vieilles personnes qui passent leur temps a radoter: "Jihad, Jihad, Jihad,..."

Faire la paix avec abas, est une chance unique, le contexte est aussi idéal:
_Palestiniens comme Israeliens sont a bout de souffle et sont pret a tout pour une treve.

_Abas est un homme avec qui ont peut negocier.

_Sharon, qui n'est plus tout jeune, et qui a de serieux problemes de santé, est pret a faire des concessions historiques. Je suis personellement un fidele admirateur de Sharon. Selon moi, cet homme qui a perdu sa femme et tous ses enfants dans un accidents, n'a plus rien a perdre, il n'a plus d'autres raisons de vivre que celle de proteger son pays et son peuple. Cet homme politique est hors norme, il a peu de chances de vivre plus de 2 ou 3 ans, il n'a plus d'attache sentimentale, il n'a donc aucune raisons de faire de la politique pour son propre compte. Sharon va tout faire avant de mourir pour sauver Israel et faire ce que personne n'a réussi avant lui, à savoir faire la PAIX avec nos voisins.

_Bush veut inscrire son nom dans l'histoire, et va tout faire pour imposer cette paix.

_Colin Powel qui est tres proche des milieux juifs va peser de tout son poid dans la balance.

_L'europe est en pleine crise, et ne va donc pas intervenir (du moins je l'espere). N'oublions pas que Chirac fut un des acteurs de l'echec de Camps David, en soufflant a l'oreille d'Arafat: "Vous ne pouvez pas accepter ce plan".

Mes amis, mes freres, il faut croire en cette paix...

Ancien utilisateur
Ancien utilisateur

Je suis très partager, rationnellement je pense comme toi mais tu n'a pas répondu à certaines de mes questions, je me rend compte de ce qu'elles ont de démagogiques et bien entendu je veux t'emmener à dire que non il n'y aura jamais (en tout cas pas dans le siècle à venir) de place pour un Juif en Judée comme il y a de la place pour un Arabe en Galilé ou à Tel-Aviv.

Est ce que la "réal-politique" n'a pas ces limites, depuis la semaine dernière c'est attaques et attentats !

Les analystes nous disent que Abbas est sur le point d'arriver à un accord avec le Hamas, le Djihad et le Fatah mais au moins 2 de ces mouvements luttes contre notre propres existence, somme nous condamner a négocier avec des entité dont la majeure partie veut notre destruction ?

Je n'ai pas plus de solutions qu'un autre et c'est aussi bien plus que du sceptcisme, je ne peux concevoir qu'un accord signé sur des base aussi imorale que d'interdire à des juifs d'habiter des villes qui lui sont aussi chère puissent être prometteur d'une véritable paix.

L'experience que nous avons de l'Egypte ou de la Jordanie nous montre jusqu'a quel point dans cette région, ces paix sont de facto surtout une question de traitée et non de mentalité (il me semble que dans certains de tes posts tu en parle toi même). L'Egypte principalement représente le plus dur adversaire diplomatique qu'Israël puisse avoir et au niveau des populations, ce n'est pas avec le tourisme Egyptiens qu'Israël redressera sa situation économique quand au prises de positions ou manifestations, c'elles qui ont lieu en Egypte sont parmis les plus virulentes et dés qu'un désaccord apparait, c'est le retour des ambassdeurs.

Alors si avec l'Egypte, qui est un pays avec une frontière bien définie, cette situation est possible, je ne suis pas sur du tout que quand à un état de Palestine cela soit possible. Nos populations sont beaucoup trop entremélée, nos économies trop dépendante.

Pour continuer cette comparaison, nous avons à la frontière nord un pays la Syrie avec lequel nous somme toujours en état de guerre et c'est pourtant la frontière la plus calme d'Israël mais pouvons nous nous permettre une poudrière divisant géographiquement le pays en plusieurs parties.

Dernier point, j'entend par poudrière non pas un risque éventuel mais une population qui pour l'instant est encore éduquée à hair le Juif avec des méthodes dont les nazie ne renieraient certainement pas la parentée.

Forums

partagez et débattez