Mon coup de gueule à moi

Ancien utilisateur
Ancien utilisateur

Tout le monde s’en fout mais j’avais besoin de passer un coup de gueule…

Alors voilà… Alain de Pouzilhac dirigera France Monde, le holding devant coiffer France 24, TV5 et RFI (où je bosse actuellement). Christine Ockrent a été proposée pour le seconder, mais elle n'a pas encore donné son accord.

Alain de Pouzilhac deviendra donc le Pdg de la future holding. Christine Ockrent, si elle accepte, deviendra sa directrice générale.

Pour mémoire, Alain de Pouzilhac est un publicitaire et un homme d'affaires et n’a jamais écrit une ligne en tant que journaliste.

Quant à Christine Ockrent, elle s’est illustrée le mois dernier par ses émoluments. On a appris qu’Alain Pouzilhac l’avait recruté sur France 24, en mars 2007, afin d'assurer une chronique hebdomadaire puisqu’elle perçoit 120 000 euros par an pour une chronique de 5 minutes par semaine… Soit 10 000 euros par mois pour 20 minutes d'antennes...

L’ensemble France Monde serait chapeauté par le ministère de la Culture et surtout le Quai d’Orsay. Le Ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, n’est autre que le mari de Christine Ockrent. Vous avez dit « népotisme » ?

Quant à Nicolas Sarkozy, il s'est déclaré partisan de la fin des diffusions de France 24 en anglais, espagnol et arabe et un rapport du Sénat préconise que RFI arrête sa diffusion dans plusieurs langues.

Ancien utilisateur
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bienvenue en Sarkozie

Ancien utilisateur
Ancien utilisateur

Radek, ton "coup de gueule", puisque tu l'appelles ainsi, est très intéressant. Il montre les limites de la presse

Cela étant, rien de bien nouveau par rapport au passé. Il y a toujours eu, en France, quel que soit le pouvoir, soit des collusions, soit des "modérations"faites spontanément par les journaux, soit des journaux qui s'arrêtaient de parler d'un sujet à la suite des pressions.

Donc, plutôt que de se plaindre de la nomination de tel ou tel, il faut utiliser les ressources à notre disposition, pour trouver l'info .

La presse mondiale est accessible sur internet depuis des années, ce qui permet d'une part de relativiser ce que l'on te raconte ici, d'autre part, de se cultiver aussi, même si ce n'est nulle part la panacée.

Ancien utilisateur
Ancien utilisateur

Nicolas sait se montrer très généreux avec ses amis...

Dans le même genre, il prévoit de supprimer carrément la pub sur France Télévision. Un cadeau bien généreux à Bouygues, Bolloré et Lagardère, ses potes qui avaient fêté sa victoire le soir même avec lui au Fouquet's, et qui vont pouvoir se partager le gros gâteau publicitaire télévisuel français...

Ancien utilisateur
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Voici l'extrait d'un article du "Monde diplomatique" sur le journalisme audiovisuel.
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/06/ENDEWELD/14813

Le passage sur BFMTV est vrai à 200%. J'y étais en stage pendant trois mois durant toutes les élections... Et c'est ça qui attend France Monde, la "Voix de la France" à l'étranger.

[...]
"Un journalisme « hors sol »
M. de Pouzilhac, ancien président du groupe publicitaire Havas, et actuel président du conseil de surveillance du groupe Moliflor Loisirs, qui exploite vingt et un casinos (5), sait vendre son produit en déclamant qu’il est « fantastiquement surpris par France 24, une chaîne spectaculaire, une belle chaîne ! Car la France est un pays rebelle, nous jouons là une vraie spécificité ! ». A l’égard du journalisme, il reste cependant un complet néophyte : « C’est étonnant, quand je vois partir les reporters, ils sont avec un grand bâton, je ne sais pas à quoi ça leur sert... », nous confie-t-il au détour d’une phrase. Prévenante, son attachée de presse lui explique alors que le « grand bâton » se trouve être le pied de la caméra...

En vérité, pour M. de Pouzilhac, l’essentiel est ailleurs. Il s’agit, là aussi, des CSP +, dont le site Internet de la chaîne nous apprend qu’ils constituent la cible principale. Une enquête marketing a d’ailleurs été promptement réalisée auprès de « cinq cents leaders d’opinion ». Les journalistes, eux, ont été instruits des techniques du management. Ils ont presque tous signé une charte précisant qu’ils doivent « parler à l’extérieur d’une même voix et croire dans les vertus de l’équipe », mais aussi « être exigeants face au budget comme s’il s’agissait de leur propre argent ». Pour M. de Pouzilhac, rien de plus naturel : « Dans toutes les sociétés américaines, il y a une charte. »

Pourtant, à France 24, on a l’ambition d’apporter un « regard français », et même d’« aller au-delà de l’information » ! Grégoire Deniau, directeur de la rédaction, parle, lui, d’un « regard à 360° sur le monde (6) ». De tels slogans cachent mal le peu de moyens journalistiques accordés au projet. Cette chaîne internationale diffusée simultanément en français, en anglais et en arabe sur trois canaux ne compte que cent quatre-vingts journalistes environ (trois cents salariés au total), alors qu’Al-Jazira English a huit cents journalistes et techniciens répartis sur quatre centres régionaux et s’appuie sur un réseau de quelque soixante bureaux nationaux et régionaux.

D’autres chiffres sont révélateurs : France 24 ne compte que trois grands reporters et sept journalistes reporters d’images (JRI). Sur cent quatre-vingts journalistes, à peine quinze sont parfaitement bilingues, capables de monter simultanément les sujets en anglais et en français, contrairement à ce qui avait été annoncé au lancement de la chaîne. France 24 est donc comparable à ses concurrentes françaises qui, elles aussi, fonctionnent avec peu de moyens.

Toutes ont largement recours à des journalistes « en desk ». Rassemblés dans des bureaux en open space (« espace ouvert »), comparables à des plateaux de centres d’appels, ces soutiers de l’information fabriquent nombre de leurs « sujets » à partir d’images de la banque d’échanges Eurovision News (EVN) et des agences mondiales Reuters Television et Associated Press Television News (APTN), auprès desquelles les chaînes ont souscrit de coûteux abonnements (7). Comme le note un reporter malicieux, « avec l’évolution des technologies, on peut faire du journalisme sans sortir de son bureau ». La version « hors sol » du métier...

Ancien rédacteur en chef à TF1 chargé de la politique étrangère, Régis Faucon ne cache pas son irritation à l’égard de ces nouvelles manières : « France 24, nous explique-t-il, c’est des EVN commentées par des gamins qui ne connaissent même pas les gens dont ils parlent, c’est du “rewriting” de dépêches. » Réactualisant en permanence leurs journaux, les chaînes « tout info » ont besoin d’images le plus rapidement possible, service que seules les deux plus grandes agences internationales sont capables d’offrir (8). Des sujets « prêt à diffuser » sont même proposés. La multiplication de ces télévisions dont la rentabilité est l’obsession accélère l’uniformisation des sources d’information.

A France 24, il n’existe d’ailleurs pas de salle de conférence de rédaction. Les techniciens de l’information de la chaîne internationale n’ont pas vocation à poser des questions à leur direction éditoriale ! « Moi, j’estime qu’on ne devrait pas avoir de carte de presse, dénonce un jeune journaliste. On recycle de la dépêche, on est une entreprise de ravalement de l’info. Nos chefs nous demandent d’aller vite, ce sont les mêmes qui, à l’école, nous disaient “D’où viennent ces images ?”, en nous faisant de grandes leçons de déontologie. Maintenant, on va sur le site Internet de la BBC pour vérifier les infos. »

En réduisant les coûts et en accélérant le rythme de production, les chaînes d’information en continu ont transformé les conditions de production du journalisme audiovisuel. Ainsi, si BFM TV impose le respect, c’est moins en raison de sa couverture de l’actualité que de son rapport qualité-coût. Aujourd’hui, quatre-vingt-quinze journalistes y travaillent. Comme dans une usine, chaque action est calibrée à la seconde près, chiffrée, rentabilisée. Les tâches, très routinières, sont réalisées à un rythme soutenu : deux heures suffisent à un journaliste « en desk » pour réaliser un sujet.

Corvéables à merci, ils sont jeunes (30 ans environ de moyenne d’âge) et, pour la plupart, anciens élèves des grandes écoles de journalisme. « Débuter par une chaîne “tout info” est très formateur, car tu as la possibilité de partir sur des coups très vite », estime une recrue de BFM TV qui, comme ses camarades, espère intégrer par la suite une rédaction plus prestigieuse. Ce qui peut expliquer ses concessions du moment.

Le souci de vérifier l’information ne prime pas toujours. « C’est la religion de la dépêche : la dépêche l’a dit, donc c’est vrai ! », résume un journaliste de LCI. Pressés par le temps, soucieux de ne pas s’attirer d’ennuis, ces professionnels se contentent de citer la source. A LCI, les journaux ne dépassant pas les huit ou neuf minutes, un sujet moyen dure entre cinquante secondes et une minute vingt. La production se fait à flux tendu : « Les sujets sont commandés entre 10 et 11 heures, raconte un journaliste, et doivent être prêts à diffuser à 18 heures pour le JT [du présentateur Harry] Roselmack. Résultat, on doit les caler en fin de matinée, midi, faire les sonores et les images en début d’après-midi, revenir à 16 h 30 grand max pour monter le tout. »

Faits divers et petites phrases
Comme dans une usine, chaque tâche est décomposée, la responsabilité dissoute. Décryptage d’un JRI : « On part seul, on ramène les images, le son. Le rédacteur, lui, n’est pas sur le terrain. En arrivant à la rédaction, il faut le briefer. Parfois, tu n’as même pas le temps de le voir alors qu’il a commencé à écrire son commentaire à partir de la dépêche... Quand t’es JRI, tu peux bosser jusqu’à cinq sujets différents dans la journée... »

Mais les thèmes privilégiés se ressemblent : « Nos rédacteurs en chef Daniel Grillon et Benoît Laporte s’intéressent beaucoup aux faits divers, rapporte un autre journaliste. Résultat, chaque jour, on épluche Le Parisien. » Accidents de la route, braquages de banque, disparitions d’enfant, grèves des transports, météo accompagnent les résultats boursiers et les commentaires sur l’économie. La priorité des priorités demeure toutefois les breaking news, ces événements spectaculaires faciles à mettre en images : « Sur ces gros coups, on profite des moyens de TF1, remarque un journaliste de LCI. Lors du tsunami [le 26 décembre 2004], près de cinq équipes étaient sur place au complet avec JRI, rédacteur, monteur. Sur des événements du type 11-Septembre, Louisiane [ouragan], c’est là qu’on a une chance d’être regardé, donc on bloque tout là-dessus. »

Le reste du temps, en plus des dépêches de l’AFP, les rédacteurs en chef ont les yeux rivés sur la concurrence : à LCI, i-Télé et BFM TV sont constamment suivies. « De peur de rater un coup, personne ne dira stop », s’inquiète un journaliste.

A i-Télé, où « on est prié de tuer BFM », le souci de la rentabilité est obsessionnel. Des cost killers (tueurs de coûts) ont débarqué dans la rédaction. Depuis plusieurs mois, les remplacements ne sont plus assurés. « Le seul objectif de Valérie Lecasble est de réduire les coûts, déplore un journaliste. Elle ne veut plus envoyer des gens à l’étranger, et en plus les chiffres lui donnent raison : cet été, en pleine guerre du Liban, on n’a fait que du “desk”, et le public a suivi. »

Journaliste et délégué Confédération française démocratique du travail (CFDT), Jacques Imbert ose : « A-t-on les moyens de recouper les informations ? Moi, je pense que non. Résultat, on perd en crédibilité. » Désabusé, un de ses jeunes collègues raconte : « Les journalistes sur ces chaînes n’ont pas de pouvoir. Les politiques le savent, on n’a pas le temps de bosser sur les dossiers, on n’est pas pris au sérieux, on est des petits jeunes précaires qu’on envoie seul avec une caméra. Les mecs qu’on interroge nous prennent pour des rigolos. »

Durant la campagne électorale, BFM TV et i-Télé rivalisèrent pour récupérer le maximum de petites phrases et multiplier les directs autour des meetings politiques. Les candidats se sont habitués à être suivis par ces journalistes obligés de tout faire à la fois, incapables de leur apporter la moindre contradiction. Lors du grand discours de M. Nicolas Sarkozy à la porte de Versailles, les journalistes de ces chaînes évoquèrent ainsi à l’antenne, des heures durant, le chiffre fantaisiste de cent mille militants présents, « information » reprise par l’ensemble des médias (9)...

Ce matraquage régulier de fausses nouvelles n’inquiète pas beaucoup les responsables de ces chaînes : « Pour Weill, un journaliste, c’est un mec qui met son micro devant l’interlocuteur », raconte ainsi une journaliste de BFM TV. Quoi de plus naturel pour une chaîne low cost ? Beaucoup de rédacteurs en chef n’ont pas de bureau personnel, les équipes se succèdent en roulement dans l’open space, et les JRI prennent le métro avec leur caméra. En outre, comme à i-Télé, les journalistes s’enregistrent eux-mêmes avec des micros disposés sur leurs bureaux, et ils réalisent directement le montage sur leur ordinateur : « Il suffit de cliquer sur la souris, précise l’un d’eux, il n’y a pas de cabines d’enregistrement et de montage, on économise de la place et des monteurs. »

Et puis, « sans images pas de sujets, rappelle le journaliste, et sur la France notre gros problème est qu’à part l’AFP nous n’avons aucune source d’information. Quand ça ne tombe pas sur l’AFP, on est dans les choux. C’est pourquoi nous faisons des sujets sur l’international. En fait c’est mécanique, ce n’est pas un choix éditorial, c’est que là nous avons les images des agences ». En règle générale, Sky News est la référence : « Les rédacteurs en chef aiment bien les coups trash. Ils ont tendance à vouloir qu’on en rajoute. Au niveau des grèves SNCF, tu ne peux pas dire que tout va bien, il faut insister sur les problèmes, l’angle d’attaque est orienté. »
[...]

Ancien utilisateur
Ancien utilisateur

Bah avec Sarkozy comme président et la Bruni comme première dame ....
la France a les dirigeants qu'elle mérite!

Ancien utilisateur
Ancien utilisateur

DARWIN,

"Donc, plutôt que de se plaindre de la nomination de tel ou tel, il faut utiliser les ressources à notre disposition, pour trouver l'info .
La presse mondiale est accessible sur internet depuis des années, ce qui permet d'une part de relativiser ce que l'on te raconte ici, d'autre part, de se cultiver aussi, même si ce n'est nulle part la panacée."

Je suis plutôt d’accord sur la permanence des défauts du journalisme français. Mais tu trouves ça normal de devoir aller piocher à droite à gauche pour dans les revues étrangères pour avoir du journalisme de qualité ? Nonobstant les prises de positions masquées des médias français - que beaucoup ne manquent pas de dénoncer ici - il y a peu de pays développés où les médias ont aussi peu de moyens, où les entreprises de presses sont autant la propriété de marchands d'armes et où les rédactions sont aussi dépendantes des aides de l'Etat et de la publicité.
ça me déprime profondément de savoir que je vais probablement bosser dans les années à venir pour un ensemble dirigé par un type qui ne sait même pas à quoi sert un pied de caméra et par une journaliste qui a oublié depuis bien longtemps ce qu'était la précarité et le fait d'aller au charbon... ça n'est donc pas le lecteur/auditeur/téléspectateur qui se plaint, mais le professionnel...

Ancien utilisateur
Ancien utilisateur

"
Bah avec Sarkozy comme président et la Bruni comme première dame ....
la France a les dirigeants qu'elle mérite!
" sauf qu on est un certain nombre quand même à ne pas avoir voté pour lui et à devoir se farcir malgré tout toutes ses conneries... rude....

Ancien utilisateur
Ancien utilisateur

Radek
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Je suis plutôt d’accord sur la permanence des défauts du journalisme français. Mais tu trouves ça normal de devoir aller piocher à droite à gauche pour dans les revues étrangères pour avoir du journalisme de qualité ?
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Yes Radek, je trouve normal de ne pas me contenter de ce que j'ai dans l'assiette, euh, pardon, dans mon journal.

J'ai très vite compris les limites de la presse le jour où l'un de mes ami et son épouse sont partis en fumée dans un terrible attentat. La façon dont les faits ont été relatés par un journaliste de presse écrite m'a conduit à le contacter. j'ai été reçue, et il m'a regardé du haut de son fauteuil, comme si je lui parlais chinois. Ce monsieur est devenu très connu depuis.

Je me suis dit que si c'était cela la presse, il valait mieux glaner les infos là où je pouvais les trouver, c'est à dire à l'étranger.

C'est aussi une des raisons pour laquelle j'insiste lourdement pour que mon enfant soit au moins bilingue, car si on se contente de la presse "en français", c'est sûr, cela ne va pas très loin.
Et on finit par croire que l'on est les "meilleurs" alors qu'on a une balance déficitaire, par exemple.

Cela étant, j'admets bien volontiers qu'il y a de très bons journalistes en France...







Ancien utilisateur
Ancien utilisateur

" Alain de Pouzilhac dirigera France Monde"

"Alain de Pouzilhac est un publicitaire et un homme d'affaires et n’a jamais écrit une ligne en tant que journaliste."


Depuis quand un Pdg doit il savoir reproduire le travail de l'ouvrier ?

Je n'ai jamais toucher a une poubelle pourtant je suis parfaitement capable de gérer une société de ramassage des ordures .


Et la méchante Ockrent elle gagne trop d'argent ?

Quand tu auras sa carrière et son talent, tu pourras prétendre a ces émoluments ...

20 minutes d'antenne ce n'est pas 20 minutes de travail.
A moins que tu prétendes qu'elle est si douée, qu'elle n'a pas besoin de préparrée ses interventions...



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