Israël

En Israël ils s'en foutent des français !

Par Feujworld Publié le
Depuis l’appel du premier ministre Binyamin Netanyahou invitant les juifs de France à faire leur Alya après les attentats du Charlie Hebdo et de l’Hypercacher, nombreux sont ceux qui ont répondu à cet appel.

Toutefois, arrivés en Israël les français sont incapables de travailler puisqu’on ne reconnaît pas leurs diplômes. Commence alors une longue démarche administrative souvent coûteuse pour faire traduire et valider leurs diplômes.

Quels sont les documents nécessaires ? À qui s’adresser pour les faire valider ? Quels sont les examens d’équivalence à passer ? Telles sont les questions auxquelles doivent faire face les avocats, psychologues, opticiens, comptables... et les administrations sont également nombreuses : le ministère de l’éducation, le ministère de tutelle de la profession qui est souvent impliqué et le centre académique d’études disposent de l’autorité de refuser de reconnaître les diplômes d’étudiants qui souhaitent poursuivre leurs études.

Dans certaines professions, on demande une maîtrise de la langue alors qu’elle n’est pas nécessairement indispensable. Dans d’autres, il faut tout recommencer sans raison apparente, comme les kinésithérapeutes par exemple qui sont forcés de recommencer leurs études depuis le début.

L’association francophone israélienne Qualita qui œuvre pour les olim francophones explique : « Le moment est venu de nous organiser, de nous unir et de constituer une force face au gouvernement israélien » a déclaré Marc Eisenberg, son fondateur. Nombreuses associations de défense des olim s’unissent afin de faire pression sur le gouvernement.

Au contraire, pour Daniel Benhaim, directeur de l’agence juive en France, ce n’est pas un combat : « Je comprends ce besoin de reconnaissance. Mais les Français sont-ils aussi capables de reconnaître ce que l’État leur propose et le niveau des Israéliens ? L’État fait beaucoup d’efforts, même si nous travaillons à en faire toujours plus ».

Les Français devraient donc faire des efforts pour s’intégrer, mais la question est comment s’intégrer sans travail quand on est forcé de tout recommencer ou quand on est enfoncé dans la bourbe administrative ?

Marisol Touraine, ministre française des Affaires sociales et de la santé, lors de sa visite en Israël, a rencontré son homologue israélien, Yaakov Litzman. Le sujet concernant la reconnaissance de diplômes des professions médicales a été abordé, « J’espère pouvoir conclure des partenariats et avancer ainsi dans la reconnaissance des diplômes français en Israël », a confié la ministre.

David Tibi, dentiste et père de cinq enfants, a fait son alya bien avant les événements antisémites qui ont lieu en France, par conviction et par idéalisme. Il se bat depuis bien longtemps pour la reconnaissance des diplômes du secteur de la santé. Il commence d’abord par une lettre courtoise à l’Etat d’Israël: "Je vous demande de m’aider, nous voulons rester dans notre pays. Donnez-moi le droit de travailler en Israël !!!".
Mais devant l’indifférence du gouvernement israélien, il insiste et fait signer une pétition sur internet. Un sentiment de trahison l’emplit : « je pensais qu’Israël nous accueillait les bras ouverts ».
Il reçoit le soutien de Meyer Habib, député de la 8e circonscription des Français établis hors de France, qui menace s’opposer à l’immigration en Israël si l’état ne prend pas des mesures pour reconnaître les diplômes français.

« Les diplômes français sont parmi les meilleurs au monde. Médecins, dentistes, infirmiers, avocats, comptables. Je me rends compte que les immigrants ont besoin d’une période d’adaptation, pour apprendre la langue, peut-être pour passer un stage, mais la qualité des diplômes français ne peut pas être remise en question », a-t-il souligné.

Les examens d’équivalences qui comprennent une partie théorique et pratique ne sont respectivement réussis que par 70 % et 10% des candidats, il semblerait que le secteur de la santé tient à garder un nombre restreint de praticiens et contribue à faire échouer les candidats afin de préserver les avantages de ce milieu.

Certains Olim témoignent :
« Il nous a fallu plus d'un an juste pour obtenir la permission de passer l'examen », dit Marcel. « Je pensais que la partie la plus difficile de notre aliyah serait d’envoyer nos trois fils à l'armée, je me rends compte maintenant que notre principal problème est de subvenir aux besoins de nos enfants en Israël jusqu'à ce qu'ils atteignent l’âge de l'armée. »

Jacques Atlan prévoit l’éventualité de s’installer au Canada. Il a 52 ans et a été dentiste pendant  25 ans à Nice : « Pour l’instant je reste en France, mais je me prépare une escapade pour le Canada » explique-t-il. « Là-bas, le processus est beaucoup plus simple et ils parlent aussi le français. J'adore Israël, mais à l'âge de 52 ans, je ne vais pas étudier pour un examen de diplôme. Si aujourd'hui mon diplôme était reconnu automatiquement nous ferions la alya tout de suite. »

Une victoire partielle est acquise lorsque La Knesset reconnaît l’équivalence des diplômes des Olim dentistes après de nombreuses pressions. Une première étape franchie pour la reconnaissance des diplômes mais elle ne concerne que les dentistes ayant déjà 5 ans d’expérience.

Le 28 mars se tient une commission parlementaire à la Knesset relative aux décrets d’application de la loi. Les décrets d’application ne prennent pas en compte les praticiens ayant commencé le processus d’équivalence des diplômes. Il est donc décidé que ceux ayant commencé à passer les examens d’équivalence ne rentreront pas dans le champ de loi et devront continuer le processus sans pouvoir bénéficier des avantages mis en place par la nouvelle loi.
« J'apprends avec consternation et colère que vous, responsables administratifs du ministère de la santé, demandez que cette loi ne soit pas applicable aux praticiens s'étant engagés dans l'ancien processus de reconnaissance de nos diplômes.
Vous voulez ainsi sanctionner notre bonne volonté et notre bonne foi, celles qui nous ont engagé à respecter les règles que VOUS aviez établies !!! » s’indigne David Tibi.

Certes une loi a été votée par la Knesset pour les dentistes, mais pour les autres la lumière au bout du tunnel n’est pas encore visible. Pourtant, nombreux sont ceux à avoir des diplômes reconnus et à sortir des grandes écoles.

Diplômé d'HEC ou sorti de Polytechnique, le gouvernement ne tient pas compte de ce genre de critères. De nombreuses écoles et académies comme l’IAD Business School invitent dorénavant les étudiants à faire des études reconnues en France et en Israël.

 



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