Régions

Yael Naïm et le Quatuor Debussy mêlent leurs cordes à Lyon

Par Feujworld Publié le
Ce n'était qu'un concert surprise, né du désir de rencontre d'une chanteuse qui les multiplie, Yael Naïm, et d'un quatuor de chambre qui n'aiment rien tant que briser les barrières à coups d'archets, malicieusement facilité par un ami commun, Marc Cardonnel de Rain Dog Prod.
Au départ,  forcément,  c'était un concert de presque rien ; trois ou quatre titres (bizarrement, aucun des protagonistes ne semble se souvenir du chiffre exact), presque improvisé  : « On a travaillé un peu en amont avec Nicolas Worns, mais on ne s'est vraiment rencontré avec le quatuor que le jour même. C'était super,  c'est un quatuor classique très pointu et en même temps très ouvert, complètement rock'n'roll. »
Et quelque chose s'est produit qui n'était pas prévu. Quelque chose de magique. « On a été les premiers surpris de voir à quelle vitesse le lieu s'est rempli. J'ai rarement vécu une telle émotion dans un concert, on s'est vraiment senti très chanceux d'être là » s'étonne encore Yael Naïm. Et Christophe Colette, violoniste du quatuor d'ajouter : « Ce concert improvisé, sur le pouce, au Lavoir Public a été tellement magique, qu'avec les membres du quatuor, on se surprenait à prendre autant de plaisir à écouter Yael, qu'à jouer avec elle. » Le genre de moment pour lequel on aimerait pouvoir dire : « J'y étais ».
 

Prolongations


Ça tombe bien, le couvert est remis pour quelques dates : « On a eu envie de prolonger cette rencontre autour d'un set complet, confie Yael, de jouer des titres que l'on avait envie d'entendre avec ces arrangements ». Un travail effectué par l'entremise de Nicolas Worms, chargé d'adapter les chansons de Yael tout en laissant la latitude suffisante au Quatuor Debussy pour exprimer son talent d'incontournable référence de la musique de chambre. Christophe Colette : « Ce qui est important c'est de ne pas refaire en quatuor ce qui existe déjà. Pour Yael, trouver quatre excellents musiciens pour lui faire une plage sonore de cordes, il n'y a rien de plus facile. Mais si elle nous a choisi c'est pour nos spécificités, notre son. » 

Yael Naïm confirme : «  Sur mon album Older, il y a beaucoup de travail d'écriture pour les cuivres, les cordes, les choeurs, une matière que Nicolas reprend pour l'adapter pour quatuor, tout en ayant la liberté, lui qui connaît bien le Debussy, d'ajouter des choses. Le quatuor et Nicolas doivent pouvoir s'exprimer. Le but c'est que tout le monde s'amuse. » D'autant que le spectacle, dont certaines lignes restent si l'on en croit les intéressés à définir, multipliera les changements de configuration comme l'annonce Christophe Colette : « C'est important pour nous dans cette formule qu'il y ait des plateaux différents : Yael seule, Yael avec David, nous en quatuor, puis les six ensemble ; même si de notre côté on ne sait pas encore tout à fait ce qu'on va glisser au milieu de ce concert ».
 

Curiosité


Voilà qui amène à poser la question de l'improvisation, qui avait nourri le premier moment de cette aventure. Mais là, comme à la requête d'un enfant à qui maman répondrait « demande à papa » et papa « demande à maman », chacun se renvoie un peu pudiquement la balle, ce qui en dit long sur le respect que chacun porte à l'autre et sur la confiance mutuelle qui les anime. 
Yael : « Je ne sais pas s'il y aura beaucoup d'improvisation. Avec David (Donatien, son alter ego musical), on travaille souvent sur scène avec une violoncelliste et une violoniste qui ont l'habitude d'improviser, mais je ne crois pas que ce soit la manière de travailler du Quatuor Debussy. » Christophe Colette : « Au Lavoir Public il y avait un peu d'impro. Des choses qui se décidaient au dernier moment. Cela se produira peut-être mais il faut cadrer, on est au service d'une chanteuse, on est là pour la porter et la sublimer. Mais si on le sent, ça partira. »

Une chose est sûre, la chanteuse comme le Quatuor n'ont aucun doute sur le fait que la magie continuera d'opérer même dépourvue de la beauté des premières fois : « Il n'y a pas de raison. Si on était parti en tournée ensemble, un peu de magie se serait envolé. Mais là ce sont des rencontres à l'envie. Lorsque l'on a ré-enregistré sa chanson Trapper – sur Older Revisited, qui propose des versions alternatives de l'album Older – on a pu constater que la magie était toujours bien là. » Le public en confiance s'est rué sur les concerts prévus à la Chapelle de la Trinité sans trop savoir ce qu'il allait y trouver. Là déjà, il y a une forme de magie. « La rencontre entre des univers différents suscite beaucoup de curiosité et attire justement des gens qui viennent de ces univers différents, analyse Yael Naïm. Ca crée un crossover intéressant. Il y a là quelque chose qui fait marcher l'imaginaire des gens ».
Pour Christophe Colette, « Les gens font confiance à deux personnalités qui ont décidé de faire quelque chose d'un peu profond. Autant la première était une rencontre impromptue, autant là les gens semblent avoir confiance dans ce concept. Certains connaissent Yael, d'autres nous connaissent, ils découvrent. » Il ne reste que cela à faire avant de pouvoir dire pour de bon, cette fois, « J'y étais ».
 

Source: Le Petit Bulletin



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